Anasayfa Anasayfa

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Le Sahara, l’identité et l’africanité dans la littérature francophone du Sud-est: Moha Souag s’exprime


Moha SOUAG/Brahim el Guabli ابراهيم الكبلي

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Apr 30 2013

 

Moha Souag est un écrivain francophone qui a gagné une place prestigieuse dans le paysage littéraire francophone au Maroc grâce à sa persévérance, à l’abondance des ses écrits et à son style d’écriture innovant ; « polygraphe confirmé, il a touché/visité (tâté de) tous les genres littéraires, la poésie, la nouvelle, le roman, le conte. Il a obtenu des prix littéraires tels que le grand prix Atlas, le prix de la nouvelle octroyé par RFI. » Moha n’est pas uniquement une figure de proue de la littérature francophone, mais il fait partie de ces écrivains engagés dans les débats socio-économiques et culturels qui touchent au quotidien de leurs concitoyens. Originaire de l’ancien Ksar-es-souk, l’actuelle province d’Errachidia, Moha s’inspire de la rudesse de la vie oasienne pour produire une littérature qui fera justice aux délaissés, aux oubliés et à ceux qui ont besoin d’un porte-parole pour sublimer leur vie et l’immortaliser dans la littérature. Il se trouve que cette vie oasienne, désertique, aride, difficile et même épuisante trouve sa meilleure expression dans la langue de Molière, que Moha manie avec finesse. Nonobstant, la connaissance la plus fine de la langue ne suffit pas pour un écrivain d’une aussi grande stature que celle de Moha Souag. Au delà des connaissances linguistiques approfondies, il faut avoir du génie, être habité par l’angoisse littéraire et avoir la profonde conviction qu’on est sur le droit chemin, dans une société pour laquelle la littérature et la lecture sont les moindres des priorités. Le cas de Moha Souag nous enseigne qu’on n’est pas uniquement écrivain au Sud-est, on devient aussi l’intellectuel organique qui doit mener les combats quotidiens avec le peuple pour améliorer ses conditions de vie. Par la force des choses, Moha Souag est romancier, éducateur et intellectuel organique qui sert d’exemple aux nouvelles générations de sa région natale. Il descend du « château fortifié » de l’intellectuel pour assumer sa tâche auprès du petit peuple avec fierté et beaucoup de dignité.

L’année de la chienne, Iblis, Les années U, Des espoirs à vivre, Le grand départ, Les joueurs, Un barrage de sucre, Indiscrétion des cocottes et La femme du soldat, entre autres, indiquent la nature prolifique du romancier du pontage avec l’Afrique sub-saharienne et la littérature du désert. Cette œuvre littéraire qui s’étend sur trois décennies doit être une pièce charnière dans tout effort sérieux de compréhension de l’évolution de la société marocaine depuis les années 1970. Grâce à la diversité de ses expériences et sa mobilité au Maroc, sa littérature documente d’une manière anthropologique les changements vécus par cette société avec la précision du médecin légiste effectuant la meilleure des autopsies. Moha ne dénonce pourtant pas ; il « tisse » et laisse le visiteur de son monde de « tisserand » voir les couleurs de sa tapisserie et se créer les images qu’il aime voir dans le travail littéraire.

C’est de la partie du Maroc « inutile » longtemps absente de la liste des priorités des détenteurs du pouvoir décisionnel dans le royaume chérifien que vient Moha Souag. Comme la majorité des filles et des garçons de cette partie du Maroc, il fût obligé d’interrompre ses études universitaires à Rabat, faute de bourse, pour entamer une carrière dans l’enseignement de la langue française au collège dans sa région natale. L’histoire de Moha n’est pas unique ; dans chacun de nous, les enfants du Sud-est, habite un Moha embryonnaire qui se sacrifie sur l’autel de la nation pour subvenir aux besoins de sa famille et lui garantir une vie meilleure. Que Moha Souag quitte ses études pour revenir à Ksar-es-souk y enseigner le français au collège n’est pas un exploit. L’exploit demeure plutôt dans ce retour aux sources pour essayer à la fois de donner voix mais aussi d’ouvrir la voie aux habitants de ces contrées trop longtemps oubliées par les gouvernants. Ce retour aux origines marque la naissance du romancier du Sahara du sud-est du Maroc.

Quand je lis l’œuvre de Moha Souag, je ne cesse de le comparer au Toubkal, le plus haut sommet au Maroc. Une sommité littéraire qui mérite d’être davantage étudiée.

 

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